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FLNC "22 octobre" : fin des hostilités

05-05-2016

40 ans quasiment jour pour jour après l'émergence officielle du Fronte di Liberazione Naziunale di a Corsica ( mai 1976 ), la dernière structure clandestine armée se revendiquant du sigle et -plus ou moins- de l'esprit originel, annonçait la cessation de ses activités militaires lors d'une conférence de presse nocturne donnée dans la nuit du 3 mai dernier.

Le FLNC dit du "22 octobre" ne dépose toutefois pas les armes, par principe, n'envisageant son auto-dissolution qu'au terme d'un véritable processus de résolution de la question corse. Mais de fait, cette organisation n'avait plus revendiqué d'actions depuis 2007, après 250 attentats.

Les premières lignes du communiqué remis à la presse laissent entrevoir l'aspect "défensif" et à vrai dire non politique des conceptions de cette branche de la clandestinité : "Le FLNC est né d'une partie de notre peuple de ne pas accepter sa disparition programmée par la France". L'Indépendance nationale n'aurait donc pas été le but affiché et poursuivi par la Lutte de Libération Nationale. Le terme lui-même n'apparait qu'à l'extrême fin d'une communication marquant un net "recentrage" idéologique. Ainsi la "colonisation de peuplement "n'est envisagée que sous l'angle du grossissement de l'électorat du Front National ...

Il n'en a pas toujours été ainsi. Au delà de son action "militaire", le "22 octobre" se caractérisa souvent dans ses propos par une certaine tonalité anti-mondialiste et politiquement incorrecte, assez éloignée de la langue de bois alambiquée de ses concurrents et rendue possible par la déconnexion d'avec les appareils politiciens. Ainsi en juin 2013, à l'issue d'une visite en Corse du ministre de l'intérieur français Manuel Valls, le FLNC 22/10 estimait que " le jacobinisme français vide de son sens le terme de communauté de destin corse". Un propos au caractère évident de "ballon d'essai" envoyé à la mouvance sympathisante et l'opinion publique corse. Cette première prise de distance avec les dogmes idéologiques jusqu'ici en vigueur traduisait en réalité une insatisfaction de la base sympathisante nationaliste et une prise de conscience du danger que constitue l'implantation du Front National et son monopole du refus de l'immigration. Dans la même missive, l'organisation mettait en cause les liens étroits entre capitalisme mondialisé, République Française et milieux mafieux.

Sans doute est-ce là l'aspect le plus important de la clandestinité armée telle qu'elle fut conçue à l'origine : celui d'une "voix du peuple", sphère de dissidence absolue par rapport à un pouvoir officiel étranger, d'un espace politique autonome alliant liberté conceptuelle et légitimité populaire, conscientisation des masses et résistance à l'injustice, mythe mobilisateur et solidarité naturelle. La réalité fut évidemment bien souvent toute autre et les multiples dérives des années 1990 sont connues de tous.

Une page de la lutte pour l'existence, la dignité et la liberté de notre peuple se tourne donc, définitivement sans doute, mais la lutte elle-même, fondement de l'existence, de la dignité et la liberté, ne cesse jamais. Elle change de modalité et évolue selon les configurations et enjeux actuels et futur.  Aujourd'hui, le combat pour l'amnistie et la libération des derniers prisonniers politiques et recherchés relevant de la clandestinité armée fait consensus au sein de la société corse.

Du FLNC 22/10 restera dans la mémoire collective le juvénile visage de Lisandru Vincenti, martyr de la Nation corse, tombé au champ d'honneur à l'age de 26 ans.

U populu corsu ùn si scurdera di u so sacrifiziu . Per ellu è per tutti l'altri, mai ùn pianterà a lotta naziunale !


A Squadra

   










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"Peuple et nation corses au XXIe siècle" se veut un défi : celui de donner un nouveau souffle au nationalisme en remettant en cause des dogmes , une idéologie de la lutte nationale qui s'est forgée voici prés de 40 ans avec "main basse sur une une ile" , afin de permettre l'avènement d'une nation corse dans le monde du XXIe siècle . L'auteur aborde des sujets tabous que le mouvement national , selon lui , a trop souvent évité d'aborder, comme les flux migratoires, les relations internationales, la problématique économique et financière d'une Corse autonome. Il critique une vision du nationalisme acquise voici des décennies qui n'a pas voulu ou pas su se remettre en cause .