NAZIUNALE RADICALE SUCIALU !

Roccu Rogliano, Soldat Politique

09-07-2015

Actif depuis son adolescence dans la lutte nationale corse, Roccu Rogliano est l'un de ces centaines de militants "de base", parfois péjorativement qualifiés de "petits soldats" ,qui payèrent au prix fort leur engagement,sans jamais en attendre le moindre avantage personnel. Il répond aux questions de CPN;

1° Quelles sont les grandes étapes de ton parcours militant ?

Je suis issu de vieilles familles corses, de Bastia et Omessa ( centre Corse ). Mon père était communiste et je fus dès mon adolescence imprégné d'idéologie marxiste, tout en baignant dans une culture "nustrale".

Mon premier engagement actif remonte à l'affaire dite des "Boues Rouges" en 1973 qui provoqua un mouvement déclencheur d'une véritable prise de conscience politique chez de nombreux corses. J'avais alors 17 ans.

En 1974, je rejoins le Partitu di u Populu Corsu ( PPC ), un groupe socialisant et autonomiste dans lequel évoluaient certains des futurs fondateurs du FLNC. La "Bible" du mouvement était l'ouvrage "Main basse sur une ile", qui développait des thèses anti-colonialistes.

En 1975, je participe aux évènements de Bastia consécutifs à ceux d'Aleria. Ces moments furent ceux d'une grande unité nationale et populaire, deux ans après les Boues Rouges. Pour de nombreux jeunes c'était le temps des mobilisations de masse, des premières arrestations, des garde-à-vue, du soutien aux patriotes emprisonnés, du riacquistu culturel etc..

Je ne fais pas partie des fondateurs du FLNC, mais j'adhère dès cette époque aux thèses indépendantistes. Je rejoins la structure clandestine en 1977, à l'âge de 21ans. En journée je milite à la Riscossa, l'association de soutien aux prisonniers politiques.

En 1983, je suis arrêté, puis jugé et condamné à 5 ans de prison ( dont 2 avec sursis). Mes camarades et moi assumons notre engagement. J'ai purgé ma peine pour partie à la prison des Baumettes de Marseille et pour partie à Bastia (Santa Chjara ).

A l'issue de ma détention, je milite au Muvimentu Corsu per l'Autodeterminazione ( MCA ).

En 1988, je suis de nouveau arrêté arbitrairement lors d'une "rafle Pasqua " et incarcéré 4 mois puis libéré sans condamnation.

Lors de la scission de 1990, je choisis le Muvimentu per l'Autodeterminazione ( MPA) pour des raisons "politico-personnelles".

En 1993, je suis encore arrêté- je suis à cette occasion victime de mauvais traitements- interrogé par le célèbre juge Bruguière, et condamné à 5 ans de prison que je purgerai à la Santé puis aux Baumettes avec le statut de Détenu Particulièrement Surveillé ( DPS ).

En désaccord avec la ligne réformiste suivie, je quitte le MPA à ma sortie de prison et rejoins Corsica Viva, une formation indépendantiste publique radicale. Je m'éloigne ensuite progressivement des structures organisées mais reste actif dans mon soutien aux victimes de la répression et milite actuellement pour l'amnistie de tous les prisonniers politiques. Je suis aujourd'hui ce que l'on appelle un "hors structure".

2° Qu'est ce que pour toi un militant ?

Un militant est quelqu'un qui consacre sa vie et son énergie à une cause. Un militant sert et ne se sert pas. Il est un idéaliste et non un "professionnel de la politique". C'est un soldat politique prêt à sacrifier beaucoup de choses à un idéal qui dépasse ses intérêts propres.. En ce qui me concerne, la flamme n'est pas éteinte, même si les formes de militantisme évoluent au fil du temps.

3° Comment juges-tu l'évolution du mouvement national au cours des décennies écoulées ?

Je déplore l'institutionnalisation du mouvement national qui se traduit par l'adoption de l'idéologie dominante. L'exemple le plus emblématique est l'adoption de la notion de "communauté de destin" alors que le mouvement était en pleine ascension à la fin des années 80 et à même d'imposer sa volonté. Le nationalisme corse a depuis cette époque les mains liées face à la colonisation de peuplement sous toutes ses formes. Le piège s'est refermé et notre peuple est marginalisé. La "communauté de destin" est pro-française et sert de masse de man½uvre au pouvoir.

Cette capitulation idéologique n'est pas compensée par des avancées significatives, hormis la réouverture de l'Università di Corti. Le point positif est que certaines revendications nationalistes font désormais consensus-mou- au sein de la population et de la classe politique insulaire. Sans oublier, car c'est peut être le plus important, la fierté retrouvée des Corses à être eux-mêmes.

Pour l'avenir et après la fin de la lutte armée je souhaite un renforcement de la lutte de masse, ne serait-ce que pour éviter les possibles dérives de la "lutte institutionnelle".

4° Quel contenu mettrais tu à la notion de Socialisme Corse, évoquée un temps par le FLNC ?

Je reste très "ouvriériste". Le travailleur corse est doublement opprimé, par le libéralisme et le colonialisme. Je distingue le Socialisme Corse ( prééminence des intérêts collectifs et nationaux sur les intérêts individuels ou catégoriels, défense du Travailleur contre le Parasite ) de la Gauche française qui promeut systématiquement la priorité de l'étranger sur l'autochtone.

Le socialisme Corse se traduit par une véritable corsisation des emplois et des logements. Le Socialisme et l'Internationalisme ( solidarité des travailleurs et des peuples ) ne sont pas l'immigrationnisme qui met en péril les avancées sociales et la cohésion de la société.

5° Quelles perspectives pour la Corse de demain et notre peuple selon toi ?

Nous sommes actuellement dans une phase de minoration et de marginalisation de notre peuple sur sa propre terre.

Nous sommes à la croisée des chemins. Soit la Corse se "recorsise" revient aux valeurs traditionnelles, communautaires, spirituelles qui font de nous un PEUPLE, soit nous finirons dilués au sein d'une masse indifférenciée et mondialisée, une population sans racines,sans identité et donc sans destin commun.

Mais l'Histoire n'est écrite nulle part et au c½ur de cette croisée des chemins se trouve également le mouvement national, qui regroupe les éléments conscients du peuple. Lui seul a la capacité d'influer sur les évolutions. Il doit refuser la fatalité, s'affirmer en rupture avec l'idéologie mondialiste et coloniale et se positionner pour la souveraineté pleine et entière de notre pays.

A ringrazià ti Roccu


Parcours de combattant, lire l'interview de Madrig Montauzier :

Padrig Montauzier Militant Breton

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Editorial de l'excellente revue nationaliste bretonne WAR RAOK, dirigée par notre camarade Padrig Montauzier, militant historique de l'EMSAV.Le concept de "peuple-patrie" développé ici, articulé à celui d'Europe-Puissance,constitue la seule voie réaliste guidant la lutte des peuples Européens.Il implique une rupture radicale avec l'idéologie de la République française et la condamnation de toute orientation réformiste ou autonomiste. REVEILLER LES PEUPLES-PATRIES.