NAZIUNALE RADICALE SUCIALU !

Regardons-nous dans les yeux !

14-12-2017

Nous publions cette tribune libre de notre camarade Petru Dumè Bologni, qui fut une année durant l'assistant de l'élu territorial Christophe Canioni ( fondateur du parti autonomiste de droite  Avvene Corsu après son départ du Front National ). Le texte revient sur quelques aspects emblématiques du théâtre d'ombres de la vie politique corse. Il incite au réalisme.



Si l'on peut se réjouir du résultat de ces élections, nous ne devons pas perdre le sens de la réalité. Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une victoire indépendantiste mais d'une victoire autonomiste. Et il y a autant de différence entre autonomistes et nationalistes qu'il y en a entre la gauche et la droite. Quand il y a confusion, il y a malhonnêteté. Donc, au delà de la "macagna", il n'y a rien de choquant à voir apparaitre de nouveaux convaincus de la cause, ex-sectateurs du clan. Parce que le clan conservateur est mort. Le vide appelant le plein, il est naturel qu'ils se dirigent vers la force montante du moment avec l'intention d'y recréer le même système. Théoriquement, tout parti démocratique peut se réjouir d'avoir de nouveaux partisans. De ce fait, les indépendantistes de la première heure qui ont fait tous les sacrifices pour parvenir à ce résultat n'ont pas tant à se sentir lésés ni cocus. Les "nouveaux nationalistes" ne sont pas  électeurs de Talamoni mais de Simeoni. Que ce soit clair. Comme les partisans ont tendance à oublier les faits sous l'ivresse de l'euphorie, rappelons qu'il y a encore quelques mois, Gilles Simeoni ne voulait pas d'une liste unique avec Corsica Libera, comme d'ailleurs au second tour du scrutin précédent... A force de miracles de la persuasion, si l'on peut dire, C.L. est parvenue à ses fins.

Pourquoi y avait-elle tant intérêt ? Parce que fin 2015 ce parti à constaté un effondrement de son électorat; au point que le F.N. l'a largement devancé à ce moment. Seconde observation: le Rinnovu, qui n'a jamais réussi à décoller depuis près de vingt ans, augmente son résultat de façon conséquente. Les électeurs de Corsica Libera ont donc voulu donner un signe fort au premier tour. Comme à leur habitude, les élus nationalistes n'en tiendront pas compte. Tout simplement parce qu’ils sont prisonniers de la réalité du pouvoir. Le fait est que les indépendantistes n'ont jamais été aussi en difficulté.

Les succès de ces deux dernières élections territoriales et des législatives sont en partie causés par une forte abstention. Toutefois, comme dit le proverbe, "qui ne dit mot consent" Et nul n'avait besoin d'être Napoléon ou Emmanuel Arene pour deviner quels allaient être les résultats : lorsque les clanistes mettent de l'autonomie dans leur vin, c'est que les jeux sont faits. Non pas depuis le fauteuil du Président de l'Exécutif mais depuis Paris et Bruxelles.

Nous sommes confrontés à deux obstacles: les institutions et la sociologie du peuple corse. Concernant les institutions et la réalité du pouvoir dont nous parlions précédemment, nous ne sommes que les cobayes d'expériences institutionnelles où seuls le Préfet, le Sénat ou le gouvernement français ont le dernier mot puisque ce se sont  eux qui ont fait les lois. Et beaucoup de gens s'en accommodent. Ainsi le pouvoir de l'exécutif de la Région ne cesse d'augmenter, ce qui, compte tenu de la mentalité corse, n'est pas très sain. De leur coté, les monopoles, dans le domaine agricole par exemple, empêchent par collusion et divers moyens que la Région prenne une initiative qui puisse permettre de développer la production locale.

Nous restons donc sous le statut-quo colonial avec de graves risques en cas de crise énergétique ou financière. Les abandons de divers candidats ont bien souligné aussi que nous ne sommes pas dans une démocratie mais dans une ploutocratie, où il est nécessaire d'avoir un certain capital pour pouvoir oser se présenter aux élections, en particulier quand des candidats sont sous la pression du système claniste des mairies, des petits avantages, du chantage social, économique etc. Et personne parmi les chevaliers blancs ne s'en offusque puisque le "Leader Maximo" de leur camp autorisé peut se présenter. Soit les corses ne veulent pas de la démocratie, soit ils vivent dans l'illusion. Et l'illusion de ces résultats électoraux risque de faire faire une erreur aux nationalistes dans leur ensemble.

L'argument des militants nationalistes que l'on peut entendre quasiment chaque jour est que leurs édiles "ont fait quelque chose". Sur ce point, revenons sur le compte-rendu de la cession territoriale des 30 et 31 mars : Concernant le dossier "pace, ritornu e libertà", sujet dont on s'étonne neuf mois plus tard qu'il ait été rejeté par le gouvernement français, les nationalistes comptaient instrumentaliser la caution des élus de l'opposition et la structure des institutions pour régler des affaires internes socio-clanistes, les places de complaisance  pour les "anciens combattants" au sein de l'administration (lycée agricole, musées)  étant déjà négociées depuis longtemps. Personne n'a fait de réponse aussi directe et les nationalistes peuvent êtres heureux qu'il n'y ai eu qu'une simple non-participation au vote. Du fait de cette diplomatie de bon aloi de la part des élus de l'opposition et dont la véritable cause est l'imbrication des dossiers, Rosa Prosperi a eu beau jeu d'accuser l'opposition de créer de faux prétextes pour ne pas soutenir le dossier. Si on analyse froidement le sujet, il s'agit de donner un mandat de négociation avec l’État pour des résultats courus d'avance (même les retraités de l'armée française n'ont plus les avantages revendiqués pour les prisonniers du FLNC). Il ne s'agit que d'une opération de propagande au seul profit des nationalistes. Dans ces conditions, les élus de l'opposition ne pouvaient décemment pas soutenir le dossier. En conclusion, l'affaire révèle que les prisonniers politiques sont encore et toujours des jouets électoraux (1 prisonnier = 10 voix), otages du gouvernement -LDH et levier du pathos électoral. Les élus de l'opposition ont déjà été très loin dans ce qui leur était possible pour soutenir humainement les prisonniers mais ils ont considéré qu'ils atteignaient une limite entre l'humanité et la mascarade. En définitive, les nationalistes ont réveillé de vieilles blessures dans tous les camps.

  Si, comme il a été proposé à la fois par les groupes de gauche et des Républicains, le projet avait été amendé, il y aurait eu consensus et on sait que le vote aurait été différend. A l'inverse, les nationalistes ont fait passer le projet en force avec la seule voix de Delphine Orsoni, qui a elle-même fait des observations en amont. En définitive, les nationalistes ne voulaient pas de consensus mais créer un clivage "pour ou contre"; pour leur seul électorat. C. Canioni s'est donc rangé pour une non participation comme l'ont fait les Républicains. Après la fin de non-recevoir à la question orale du 30 mars concernant le débat promis et non encore tenu au sujet de l'immigration, C. Canioni s'est abstenu sur le dossier social, principalement parce que le sujet de l'immigration était particulièrement flou. La majorité comprend le lien de cause à effet et respecte le vote. Pour être respecté, il faut éviter de donner une caution systématique à la majorité relative. Quand Rosa Prosperi prend la parole au sujet du dossier "Paci, ritornu e libertà", elle évoque l'incohérence des élus de l'opposition qui ont voté en faveur du dossier social alors que le sujet des prisonniers politique était inclus dans ce premier dossier. En effet, les dossiers peuvent êtres piégés et comme ils sont délivrés seulement quelques jours avant la cession, il est facile de berner bien des élus de cette façon.

De fait, seul C. Canioni a été cohérent. Le clou de l'histoire, c'est que quelques temps après que ce texte ai été voté par l'Assemblée de Corse, le père d'un prisonnier politique qui venait de finir de purger sa peine prend rendez-vous avec un élu nationaliste dans le but que le nouveau pouvoir aide son fils qui a sacrifié cinq années de sa vie à la cause. La réponse qui lui fut faite est transparente concernant les priorités: "Je ne trouve même pas de place pour ma fille; comment veut-tu que j'en trouve une pour ton fils."
Bref, comme l'a souligné la droite conservatrice, la majorité a surtout fait de la communication durant deux ans au détriment des priorités énergétiques, vivrières et même sociales dans ce cas précis. Et cette communication a été efficace.
Le problème, c'est que dans les trois prochaines années, la communication ne suffira plus une fois que L’État se serra débarrassé de boulets "nouvelles compétences" du type dette sociale sans moyens financiers pour la Collectivité Unique. Mais reconnaissons-le, le problème sera le même quelque soit la majorité.

                                     A moins de rejeter définitivement les institutions françaises.

Rete suciale

                           

Circà

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Guillaume Faye est l'un de ces intellectuels-prophètes qui depuis des décennies déjà pensent l'effondrement du monde moderne et des sociétés occidentales et proposent des armes à la fois idéologiques et concrètes, susceptibles d'assurer la survie et le renouveau du monde européen. Il défend aujourd'hui le concept d'« Eurosibérie », qu'il définit comme « l’espace destinal des peuples européens enfin regroupés de l’Atlantique au Pacifique, scellant l’alliance historique de l’Europe péninsulaire, de l’Europe centrale et de la Russie ». Il s’agit, dans son esprit, d’une « forteresse commune, la maison commune, l’extension maximale et l’expression naturelle de la notion d’' Empire européen .Alors, demain, de la rade de Brest à celle de Port-Arthur, de nos îles gelées de l’Arctique au soleil victorieux de la Crète, de la lande à la steppe et des fjords au maquis, cent nations libres et unies, regroupées en Empire, pourront peut-être s’octroyer ce que Tacite nommait le Règne de la Terre, Orbis Terræ Regnum ». La tournure prise actuellement par les évènements en Europe se révèle une démonstration sans équivoque de la pertinence des thèses et conceptions développées dans "L'Archéofuturisme".: Les peuples de l'Est du continent ( Pologne, Hongrie, Slovaquie, etc..), moins gangrénés par le libéralisme et l'humanisme, moins modernes que ceux de l'Ouest, résistent mieux à la "stratégie du Choc" que constitue "l'opération migrants" mise en œuvre par l'axe atlantiste. Ces sociétés, demeurées dans une large mesure traditionnelles et organiques malgré des décennies de communisme, sont encore capables de secréter des anti-corps face au SIDA mental véhiculé par l'Occident.