NAZIUNALE RADICALE SUCIALU !

Instabilité de destin

05-04-2016

La tribune libre ci-dessous nous est adressée par Mr Colonna Cesari. A partir d'un exemple type pris à l'autre bout du monde ( les iles Fidji ) elle développe le thème de l'instrumentalisation de la "communauté de destin" dans un petit pays indépendant par les grandes puissances impérialistes, notamment occidentales, qui plus que d'autres ont intérêt à déstabiliser les sociétés à base traditionnelles. Les exemples plus géographiquement plus proches ne manquent pas, du Kosovo à l'actuelle prise en main de l'islam français par les pétromonarchies du Golfe via l'UOIF ( Frères Musulmans ). Le cheval de Troie de l'impérialisme est le principe droit de l'hommiste "un homme, une voix ". La réponse est le "putsch" de survie des autochtones, leur constitution en Clan National uni et déterminé.

  INSTABILITÉ DE DESTIN

Il serait instructif que les nationalistes invitent aux prochaines Ghjurnati internaziunali di Corti les représentants des îles Fidji afin qu'ils nous donnent leur point de vue sur la "Communauté de destin" et nous fassent profiter de leur expérience.

En 1970, la Grande-Bretagne octroie une constitution démocratique et l'indépendance aux îles Fidji dans le cadre du Commonwealth. La population de l'archipel est composée d'une majorité fidjienne et d'une grosse minorité indienne importée par les anglais à l'époque coloniale afin d'exploiter la canne à sucre, une des économies les plus importante avec le tourisme. D'après le recensement de 2007, le pays comprendrait 475739 fidjiens soit 56,82% de la population; 313798 indiens (37,48%) et 47734 autres ( 5,7% ) pour un total de 877271 habitants. En 1987, Démocratie rimant avec Démographie, le communautarisme indien porta un de ses coreligionnaires au pouvoir. Celui-ci fut immédiatement renversé par le colonel Sitiveni Rabuka. La constitution de 1990 qui découla de ce coup d’État favorisa le contrôle du pouvoir par les indigènes mélanésiens des Fidji mais provoqua une émigration (ou re-migration) importante de la population indienne. Si il y eu quelques conséquences économiques, le Golpo assura la majorité aux fidjiens. Par grignotage, les amendements de 1997 rendirent la constitution plus équitable. De sorte qu'elle permit à nouveau l'élection d'un autre indien en 1999. Il s'agissait de Mahendra Chaudry, renversé en 2000 par un nouveau coup d’État mené par George Spenght, homme d'affaire soutenu par une milice privée. Ce dernier prit Chaudry en otage et réclama de nouvelles institutions qui rétabliraient la suprématie politique des indigènes et interdisant à nouveau, comme en 1990, l'accès au pouvoir d'un indien. La crise fut désamorcée cette fois-ci par l'armée. Spreight fut condamné à la prison à perpétuité et Chaudry fut écarté du pouvoir. Le banquier fidjien Qarase prit la transition en 2001 avant d'être élu en 2006. C'est alors qu'intervint un nouveau coup d’État, le 5 décembre 2006, fomenté par le Commodore fidjien Frank Painimarama. Il renversa Qarase pour le fait qu'il menait une "discrimination positive" en faveur des indigènes, que son gouvernement tenait des propos xénophobes envers les indiens et surtout que se préparait l'amnistie de Spreight. Toute cette agitation politique provoqua une baisse du P.I.B. de 2,8% en 2000 et ne repris que de 1% en 2001. Avant 2006 était fait la distinction entre "fidjiens" relevants de l'appartenance ethnique et les "habitants des îles Fidji" (nationalité).

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Les Indiens étaient citoyens des îles Fidji mais n'étaient pas fidjiens aux yeux de la Loi. Le 30 juin 2010, le gouvernement a approuvé le Fijian Affairs Decree 2010 et remplace les mots "Fidjien", "Indigène" ou "Indigène Fidjien" par "I Taukei" dans toutes les lois et documents officiels. Les indiens sont devenus des "Fijo-indiens". Pour comprendre ce retournement de l'Histoire, il faut savoir que le premier coup d’État de 1987 a été soutenu par les U.S.A. parce que le gouvernement "Fidjo-indien" se tournait à l'époque vers la Libye. Quelles que soient les causes, même les meilleures, les étrangers n'ont pas à prétendre gouverner sur la terre qui les accueille. Il ne s'agit que d'une troisième forme de colonialisme, après celui des nations et celui des multinationales. Le nier et une insulte envers tous ceux qui ont combattu le colonialisme. Le dernier coup d’État en date semble lui aussi soutenu depuis l'étranger. Les tensions politiques, économiques et ethniques ont fait que la Communauté Internationale effarouchée écarte les îles Fidji du Commonwealth et, de fait, les rapproche peu à peu de la Chine, voisin puissant, ennemi de l'Inde et qui n'a pas tant de scrupules. Peut-être que cela va plus loin que de normaliser la situation. Il peut s'agir d'une expérience à petite échelle pour imposer le meltingpot par la force. Le putsch "politiquement correct" de 2010 justifia son action en évoquant la défense des minorités (il y a certainement moins de fidjiens dans le monde que d'indiens mais passons) et de l'égalité des peuples; pour l'abolition de droits politiques sur des critères ethniques, garantir le suffrage égalitaire suivant les principes démocratiques, abolir le système de classes selon leur appartenance ethnique etc. "En conséquence, les membres de la communauté internationale, l'U.E., le Commonwealth et les Nations Unies saluent les autorités des îles et assurent qu'ils vont rester attentifs aux futurs événements".

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Pour résumer:

a) Si les îles Fidji ont connus quatre coups d’État et une mutinerie de l'armée en 45 ans, que leur économie a été mise en péril et qu'elles ont été mises au ban des nations, c'est "grâce" à la Communauté de Destin du colonialisme: une population prolétaire allogène importée par les capitalistes anglais.

b) Si les "forces de progrès" ont pu pratiquer le réformisme de façon à modifier la constitution jusqu'à de nouvelles tensions puis imposer leur violence culturelle par le biais du Commodore fidjien Painimarama, c'est que le travail n'a pas été fait en 1987! Il n'y a pas d'alternative. Les populations allogènes doivent êtres réduites afin qu'elles ne puissent plus créer de communautarisme, au moins de façon à ce qu'elles ne puissent plus jamais franchir le seuil critique de natalité. La meilleur façon de s'en assurer est la remigration rapide et totale, ne laissant pas le temps de réagir à la Communauté Internationale. C'est ce que pratiqua l'Algérie en 1962.

Face au danger du réformisme, le principe du coup d’État demeure, d'Aleria 1975 au FLNC 1976, un point de doctrine du nationalisme corse dans son essence traditionnelle, sociale et révolutionnaire. Car un peuple minoritaire ne peut sérieusement compter sur une démocratie fondée sur la masse. Le Golpo et l'insurrection sont les seuls moyens du peuple pour se défendre du capitalisme, du clanisme dégénéré, des communautarismes et des forces occultes. Certes, nous ne sommes pas souverains et ne disposons pas encore de chars prêts à se ruer sur le cours Napoléon, alors revenons à une situation réaliste: Les îles Fidji nous font la démonstration que "l'immigration est une chance"...pour les instances coloniales . C'est la situation que l'on nous prépare. Elle est nécessairement plus complexe et potentiellement plus violente parce que nous sommes minoritaires et que l'île est l'une des "marches" de l'Europe. De plus nous sommes divisés par le virus du positivisme. Si les nationalistes convaincus -d'une façon ou d'une autre- que la "communauté de destin" est bien fondée et persistent dans ce sens, la majorité des corses conscients -du nationalisme jusqu'au clan- seront bientôt las de tenter de les convaincre, à mesure que le danger se fera plus pressant. L'avantage d'une émancipation nationale, c'est que les clivages de façade tombent. Le natio-positivisme apanage de petits bourgeois urbains, étape nécessaire mais vouée au dépassement, va se retrouver face à un nationalisme traditionaliste comprenant les éléments les plus conscients mais aussi les plus ancrés dans un monde socio-économique bientôt menacé par cette "nouvelle culture corse" en réalité d'essence républicano-française, par une imposition de quotas ethniques et la discrimination positive. Les ingrédients d'un scénario "fidjien" sont donc réunis en cas de poursuite d'un processus d'émancipation national aspirant à échapper au contrôle du Centre...

DCC

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Circà

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En ces périodes de pollutions visuelles et sonores que sont les campagnes électorales, la parution d'un ouvrage traitant de questions idéologiques fondamentales quant à l'histoire, l'avenir du mouvement national et du peuple Corse se doit d'être saluée, indépendamment des options défendues par son auteur. Tel est le cas d'INDIPENDENZA, un recueil d'analyses destinées à l'émergence d'un mouvement indépendantiste authentique, inscrivant son action dans la rupture avec les cadres institutionnels imposés par l'occupant. L'auteur de cette contribution est Ghjuvan'Petru Santini, militant de la première heure, inlassable défenseur de l'idée d'auto-émancipation du peuple par lui-même au sein de ses propres institutions. Une orientation plus que jamais à l'ordre du jour, à l'heure où apparait clairement la vanité des stratégies "pragmatiques" et autres "dialogue avec Paris".