NAZIUNALE RADICALE SUCIALU !

Prolégomènes

31-03-2016

Cette tribune libre nous est adressée par Mr Yvan Chiaverini. Elle précise les contours d'une Sécession de la Corse vis à vis de la République française, au-delà des cadres institutionnels formels ( autonomie, statut spécial, indépendance ). Elle distingue également la part de francité qui imprègne notre culture, au-delà des cadres institutionnels présents ou futur. Un ancrage civilisationnel qu'incarnerait le tri-linguisme enseigné et pratiqué dans une Corse souveraine.


PROLÉGOMÈNES

Le moment est passé - si tant est qu’il eût jamais quelque justification - des afféteries verbales et des prudences tactiques. La situation tragique de nos peuples - et singulièrement du nôtre - nous impose « les affirmations souveraines et les négations absolues » que préconisait Doniso Cortes.
Pour les corses en effet, le problème n’est plus seulement politique. Certes, on ne saurait nier l’ancienneté ni la gravité de celui-ci. Au grand dam des « républicâneries » dont nous abreuve l’idéologie publique et obligatoire, René Sedillot rappelle comment « autre exemple de déchéance locale, en 1790 » la Corse rentre dans le rang. " Ultime acquisition du royaume, elle était devenue une province d’État, pouvant disposer d’une assemblée propre qui associait les représentants de la noblesse, du clergé et du tiers état aux tâches gouvernementales ; elle conservait à l’échelon paroissial la vieille institution des podestats et des pères du commun qui étaient à la fois les magistrats et les juges municipaux. Elle jouissait d’un régime fiscal distinct de celui du royaume avec des paiements en nature plus souvent qu’en espèces ; elle gardait le libre usage de sa langue et un régime douanier à sa mesure. Gouverneurs et intendants lui laissaient toute possibilité de maintenir ses particularités et ses traditions sans chercher à l’aligner sur les décisions de Versailles .Symbole éclatant d’une personnalité préservée, l’île se vit garantir par lettres patentes du roi Louis XV son statut de royaume  obtenu à l’époque de Gênes et confirmé par Pascal Paoli, général de la Nation corse.
A l’inverse, la Révolution qui prétend lui apporter la liberté la lui retire. La Constituante incorpore l’île de Corse « à l’Empire français ». Ses habitants « doivent être régis par la même constitution que les autres Français » ce qui revient à leur imposer le droit commun dans l’ordre politique, administratif, judiciaire, fiscal, militaire ou religieux. « Nos chaînes sont à jamais brisées » proclament dans l’île les partisans de la Révolution, à l’heure où précisément elle est enchaînée au destin français. Les Corses n’acquièrent que la liberté de payer les impôts de tous les citoyens (et il faudra Napoléon pour leur rendre quelques privilèges sur ce terrain). Ils auront droit à deux départements (que Napoléon réduira à un seul pour des raisons d’économie). Ils devront subir les assignats, les persécutions, la conscription. Et leurs enfants dans les écoles ne devront plus parler que la langue de Paris ».( René Sedillot , le cout de la Révolution française ed Perrin 1986).


Bien sûr le Temps a nuancé les couleurs sombres de ce tableau. Protégée par son réflexe de défense improprement baptisé « clanisme », aidée par l’évolution récente du cadre institutionnel national, l’île a recouvré quelque autonomie. Il n’en subsiste pas moins une opposition psychologique profonde entre l’état français « républicain », c'est-à-dire viscéralement jacobin, et la mentalité corse profondément démocratique, au sens originel du terme, à savoir attachée au différentialisme des communautés naturelles. La querelle resurgit inexorablement à chaque problème important : notion de « peuple corse », co-officialité de la langue, charte des langues régionales européennes, droit des biens etc…


Mais là n’est peut-être pas le plus urgent, pour ne pas dire le plus angoissant.
Par un caprice de l’Histoire, nous nous retrouvons, mutatis mutandis, dans une situation proche de celle que connûmes nos ancêtres lors des révolutions de Corse. N’oublions pas que ces dernières eurent aussi des raisons éthiques : au-delà de son affaiblissement matériel ce fut la corruption de Gênes qui poussa nos aïeux à reprendre leur liberté.
Or qui pourrait nier, non point seulement le déclin, mais la décadence française, le recul matériel et la perte d’influence s’accompagnant d’un pourrissement des m½urs ?
Peut nous chaut que cette désagrégation interne s’étende à une part des peuples européens. Qu’avons-nous à faire, nous Corses, du mariage homosexuel, de l’aveulissement devant le tsunami migratoire et la déferlante islamiste, de la « repentance » tous azimuts, de l’apologie de la lâcheté, de l’hédonisme et du primat des valeurs marchandes ?

Il est illusoire de rêver d’un sursaut « national » dans l’état psychologique et moral d’une bonne partie de la population vivant dans l’hexagone.
Aussi nous appartient-il de prendre nos distances vis-à-vis du foyer d’infection. Avec lucidité, ajouterai-je, sur notre propre degré de contamination par les sentines parlementaires, le fumier médiatique et plus généralement l’atmosphère de décomposition de la société française.
Quant à la longueur de ces distances, il nous faut la fixer en conciliant deux impératifs ; en premier lieu reconnaissons la part française de notre identité : la langue de Molière, tout comme celle de Goldoni, nourrit notre culture abreuvée de surcroît par les divers apports immatériels de deux cent cinquante ans de vie commune. Les liens familiaux (nombre de conjoints sont continentaux) resserrent encore ces attaches. Une rupture totale est donc inenvisageable.
Il est cependant nécessaire, pour les raisons exposées plus haut, de prendre en mains les clefs de nos destinées.


Où peut se situer le compromis ? Dans une fédération, une confédération ou un statut particulier proche peut-être de celui des TOM. La solution dépendra des circonstances et de notre volonté. Quelle que soit sa forme, il faut qu’elle ne réserve à l’État « central » que des compétences d’attribution, la normalité du pouvoir appartenant à la puissance publique insulaire.
Celle-ci, dans le moment présent, n’a rien de moins en charge que la survie morale et même physique de notre communauté. Cette même survie s’articule autour d’une idée-force qui va à l’encontre de tout ce que prônent les Aliboron de la politique et les Trissotin du journalisme : la conception bio-culturelle, nos adversaires disent « ethnique » (horribile dictu) de la nation. Pour nous la nation est la communauté naturelle (gemeinschaft écrivait Tönnies) des hommes nés du même sang (nation vient du verbe latin nascor : naître) épris des mêmes valeurs et non une « association » (gesellschaft) plus ou moins durable d’individus mus par des motifs divers. Nous répudions donc l’idée fallacieuse de « communauté de destin » qui admet, quand elle ne le recommande pas, l’importation de tribus en tous points allogènes qu’un miracle continu (républicain bien sûr) transformerait en corses authentiques.


Il faut rappeler avec force que le peuple corse appartient à la race blanche et à l’Europe, parle deux langues latines (le corse et le français) et obéit aux valeurs et aux codes de la religion chrétienne en sa variante majoritaire du catholicisme. Toute inclusion massive d’éléments portant atteinte à ses caractères est une menace pour la perpétuation de notre être. C’est dire que ce dernier doit fonder ladite perpétuation sur le droit du sang.
Répétons-le : la nation est une donnée et non un contrat (ce mot de c½urs lâches écrivait Nietzsche).
Cela ne signifie nullement, bien sûr, que des étrangers proches de nos valeurs et familiers de nos coutumes ne puissent être admis individuellement au sein du peuple corse seul habilité à définir les conditions de cette admission .
Cela signifie, par contre, l’interdiction de l’immigration collective, de groupements exotiques ainsi que la prohibition des lobbies immigrationnistes.
Quant au destin des colonies extra-européennes déjà implantées sur notre sol, il reviendra à la nation corse de le fixer.
Au regard de l’horizon ainsi évoqué l’instant présent apparaît exceptionnellement favorable : on peut parler du kairos des grecs. Non qu’il n’y ait point pléthore de difficultés. Le corsisme, traduit institutionnellement désormais, a devant lui trois formidables ennemis :
- l’inévitable coalition jacobine qui va de Monsieur Melanchon à Madame Le Pen en passant par Messieurs Hollande et Sarkozy,
- la gauche altérée de melting-pot et de multiculturalisme avec son cortège de lobbies flirtant avec le «dhimmitude »,
- la droite d’affaire mondialiste, plus ou moins ‘yankeesée » ½uvrant pour le consumérisme et donc pour la massification planétaire.

Il est probable que, dans les années futures, des Français fuyant l’invasion islamiste solliciteront, en nombre croissant, l’autorisation de s’établir dans l’île affranchie.


Ce n’est pas un hasard si le premier choc a porté sur le problème de la langue. Il y a quelques années Claude Hagège écrivait dans « Halte à la mort des langues » « la sève qui nourrit puissamment les langues, et, à travers elles, ceux qui y puisent leur identité, est issue de racines enfouies dans une très profonde mémoire ; et c’est cet héritage, maintenu et enrichi au long de la durée qui est un principe vital ».
Malgré les bienfaits du  riacquistu  il ne faut pas se faire d’illusion. La co-officialité, à supposer qu’elle soit acquise, ne suffira pas. L’exemple de l’Irlande le prouve abondamment. La Corse n’a pas la chance, comme l’Alsace ou la Catalogne, d’être frontalière avec un pays développé pratiquant une langue de substrat identique ,ni comme Israël de se fonder sur la résurrection d’une langue « sacrée », liée à un texte créateur et protecteur d’identité. Le salut passe donc par le rétablissement des liens avec le vivier naturel de notre langage : « a parlata in crusca » comme disaient nos aïeux, à savoir l’italien.
Le trilinguisme est astucieusement pratiqué dans nombre d’établissements scolaires alsaciens.
Pourquoi l’enseignement du corse, de l’italien et du français ne serait-il pas le lot obligatoire de nos futures écoles des différents degrés ?
Pourquoi aussi le renouement culturel ne se renforcerait-il pas d’un rapprochement politique générateur d’un nouvel espace économique et démographique ?
Dans cette optique puissent nos « consules novi » étudier, comme le préconise notre ami Colonna-Cesari, les liens à établir avec notre île-s½ur la Sardaigne.
Puissent-ils aussi se souvenir que nous sommes les héritiers de la première et de la seconde Rome, les fils de Rome et de Byzance, et que pour nous l’Europe véritable dont nous sommes les ardents partisans, s’étend, certes du cap Nord à la Sicile mais aussi de l’Irlande à la Sibérie.


Tels sont nos souhaits

Ivan Chiaverini


Rete suciale

                           

Circà

DITE A VOSTRA !

Tribunes libres, reflexions ideologiques, économiques, écologiques etc. CPN vous donne la parole ! Formulaire

Arritti


L'altri


Literatura

Figure archétypique de l'intellectuel-militant, animateur à Rome de l'institut d'études métapolitiques Polaris, Gabriele Adinolfi est l'une des principales personnalités du courant traditionaliste-révolutionnaire européen actuel. Dans ce petit ouvrage à vocation pédagogique de 80 pages, initialement édité en Italie, Adinolfi part du constat que dans le monde globalisé actuel, seul l'avènement d'une Europe forte et unie peut avoir la force nécessaire pour faire face aux différents blocs de puissance ( USA, Chine, pays émergents etc..). Cette Europe de nature Impériale est conçue comme Mythe, Nécessité, Identité et Alternative. L'auteur met en lumière les pièges que constituent l'eurosepticisme, le stato-nationalisme, un certain populisme invertébré, parfois instrumentalisés voire suscités par les ennemis historiques de la civilisation Européenne ( City londonienne etc ..). Le principal de ces pièges étant l'antigermanisme viscéral véhiculé par des anti-élites "occidentalistes" conscientes qu'un réveil de l'Allemagne porterait un coup fatal à leur domination. L'Union Européenne est certes définie comme un simple instrument institutionnel aux mains de cartels bancaires, loges, lobbys et réseaux agissant sous étroit contrôle des structures de pouvoirs atlantistes, mais ni plus ni moins que les états nations ou les institutions locales ( France hollando-sarkozyste , Italie de Renzi..).