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Ethnie et résilience

07-03-2016

La tribune libre ci-dessous nous est adressée par Mr Tarelli de Bastia . Elle aborde le thème sensible du fondement ethnique des sociétés et la résilience des déterminismes naturels. Le texte met en évidence et oppose ce qui relève de l'éphémère, du contingent, de l'artificiel, et ce qui est éternel, intangible. L'observation du chaos français, du développement du conflit turco-kurde en Europe ou des processus d'émancipation des nations historiques ( Catalogne, Ecosse, Flandres, Corse ..) confirme que si l'ethnie n'est pas un absolu figé et intranscendable, si le matérialisme biologique comme tout les matérialismes, est une subversion anti-traditionnelle, l'ethnie demeure néanmoins une réalité ne pouvant évoluer qu'à la marge et sur un temps long.

A Squadra



L’appartenance ethnique, au fondement des sociétés

Chaque société a ses tabous, surtout quand elle prétend ne pas en avoir. Les élites de l'Occident post-moderne ont fort logiquement prohibé l’évocation de la question ethnique, car c'est le démenti à son paradigme central, le triptyque rationalisme-individualisme-universalisme.
L'hystérie, qui anime les gardiens dudit tabou indique la fébrilité des apparatchiks du politiquement correct gauchisant face à une réalité qu’aucune formule magique « vivreensembliste » ne parvient à éradiquer.
Les simulacres de débats sur les questions dites de société comme la laïcité ou la délinquance ne sont que de longs et pénibles non-dits qui évoquent largement, tout le monde le sait, la question ethnique, mais sans jamais prononcer le mot honni.
Aucune société ne peut prétendre se soustraire à la nécessité d'élaborer un récit cohérent de son être et donc de son devenir.
La post-modernité occidentale essaie de construire un récit dont la non-cohérence éclate aujourd'hui sous l'effet du fait ethnique immigré mais aussi du fait ethnique régionaliste partout en Europe ; les nations se délitent car elles sont de moins en moins fondées sur une base ethnique homogène.
Le couple rationalisation/individualisation – suppose la négation du fait ethnique,non pas l’existence de groupes (la société au sens de Tönnies est avant tout perçue comme une association libre d’individus indépendants) mais veut éradiquer les communautés organiques, non choisies, qui s’imposent à l’individu car elles le précèdent, le déterminent et le perpétuent.

L’individu-maillon communautaire n’a pas sa place dans la grande mythologie post-moderne, qui porte aux nues l’individu émancipé de tous les déterminismes et dont l’horizon ne peut être qu’universel. Or,au vu de l'histoire de ces 50 dernières années, la résilience des communautés essentiellement définies sur des critères ethniques paraît incontestable.

1/ L’ethnie, dans son principe comme dans sa réalité, ne se choisit pas et donc ne se défait pas.
On peut adhérer à un système de croyances ou de représentations, puis s’en détacher. Il peut alors ne rester aucune trace de cette adhésion ; l’individu ne s’en trouve pas ontologiquement affecté, et l’adhésion au dit système de représentations n’aura été qu’un moment, achevé et non structurant, dans l’existence de l’individu.
Au contraire, l’identité ethnique, qui est factuellement un lien de filiation, peut être niée psychologiquement mais pas effacée irrémédiablement. Un individu peut bien s'éloigner radicalement de son identité ethnique, la potentialité d’un retour à celle-ci demeure toujours possible. Aucun cliquet ne rend impossible sa résurgence.
Ainsi, l’ethnie produit les anticorps aux idéologies et à l'endoctrinement des appareils d’État plus ou moins totalitaires: une théorie peut tomber en déshérence, pas une filiation qui contient une vérité essentialiste. Ainsi, elle survit au temps court de l’histoire, aux idéologies, aux utopies.
70 ans de communisme n’ont pas éteint l’âme russe fondée sur son ethnisme orthodoxe qui est un christianisme national à forte valeur identitaire. En Chine, l'ethnisme Han-confucéen a absorbé le maoïsme, créature artificielle apporté par l'envahisseur marxiste occidental.
Immobile sur le temps historique long l’appartenance ethnique est le seul ferment identitaire
qui ne peut s’épuiser tant qu'un peuple existe biologiquement.

2/L’ethnie correspond à un ensemble complet de référents qui intègre le corps et l’esprit : loin de se limiter à une spéculation éthérée, elle se lit sur la peau, sur le visage, dans l’ADN – autant de traces indélébiles structurantes en elles-mêmes qui peuvent toujours être réactivées comme un signe incontestable et fixe (à notre échelle temporelle) d’appartenance.
Le phénotype a une puissance visuelle qui crée et alimente l’ethno-et la culturo-genèse des populations. Les noirs américains sont un exemple emblématique de l'imperium de l’ethnie ; coupés de leurs racines culturelles africaines (langues, religions, systèmes de parenté…), ils re-forment un groupe sur une base ethnique et à partir de là, créent leurs propres codes socio-culturels et donc leurs ferments identitaires et sacrés.Ainsi,ils se regroupent par exemple au sein d'églises noires évangéliques alors que théologiquement, rien ne justifie qu'ils ne se mélangent pas aux blancs évangéliques.


Le peuple kurde ne s'est jamais dissout au sein d'empires ou d'états centraux assimilateurs

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3/ L'appartenance ethnique exerce et exercera toujours une dominance car elle repose sur des liens de sociabilité plus solides que les autres, ayant pour cadre la famille (l’appartenance ethnique est avant tout un fait de filiation). Les liens familiaux – parenté large ou étroite – ont comme force de ne pas relever d’un choix. On ne change pas de famille comme d'affiliations idéologiques ou politiques.Malgré ses transformations contemporaines, la famille est en outre une structure au fonctionnement relativement consensuel, dont l’organisation tend à atténuer la conflictualité inhérente aux relations sociales, ce qui la rend plus solide et durable.
Bref, tant que la famille, sous des formes variées, reste la cellule de base de l’existence d’un peuple, l’identité ethnique n’est pas irrévocablement menacée, et peut toujours ressurgir.

5/ L’appartenance ethnique est incroyablement résiliente, car elle est immanente.
Elle ne se définit pas donc ne se contredit pas ; sauf pseudo-intellectualisme en mode Lissenko ou BHL, elle ne peut être réfutée sur la base d’arguments pseudo-rationnels. Les origines des peuples se dérobent à la connaissance scientifique ; il est donc parfaitement vain d’en railler le caractère mythique. Cette absence de définition notionelle et empirique précise explique la grande plasticité du fait ethnique, qui lui permet de se fondre dans un moule et d’en changer
quand celui-ci est brisé : un sentiment ethnique peut se loger dans une idée (nationale, religieuse, politique) jusqu’à paraître dominé par celle-ci, mais presque toujours il lui survivra. La succession des rhétoriques anti-impérialistes des anciennes colonies, tour à tour nationaliste, socialiste et religieuse, l’illustre de façon implacable.
Ainsi perdure l’expression du particularisme ethnique de groupes qui ne veulent ni ne peuvent être dissous.

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Au final, l’appartenance ethnique prime sur les autres et elle contribue au maintien des solidarités organiques en dépit du processus d’atomisation sociale qui caractérise la postrmodernité, car elle définit un nous cohérent et un eux bien délimité. L’existence d’une frontière entre les deux entités est une nécessité anthropologique absolue; Pour reprendre la métaphore de Régis Debray, cette frontière, qui peut être visible ou invisible, est aux sociétés ce que la peau est au corps : une protection, un filtre et une interface La postmodernité prétend se passer de cette frontière et de son contenu comme éléments structurant la vie sociale.
Le monde rêvé d’individus » vivreensemblistes » faisant société, harmonieusement par des choix rationnels libres et consentis est aujourd'hui démenti par la réalité des conflits et des communautarismes qui ensanglantent la planète.
Osons donc endurer le qualificatif supposé infâme d' « éthnicistes » si cela doit relancer le débat sur la définition du peuple corse dans une future Corse de plus en plus éloignée du continent français .
Osons dire que nous remettons en cause le pseudo-concept de communauté de destin.

JCT


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Théodore de Neuhoff, roi de Corse ! De nombreux, très nombreux historiens se sont penchés sur ce monarque que d'aucuns considèrent comme un aventurier, mais qui a sa double personnalité : celle de l'homme avec ses faiblesses, ses rêves même, son goût du faste, et celle du souverain avec ses méthodes d'organisation et ses qualités directrices.