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Algérie : vers un chaos contagieux ?

30-04-2016

Les 17 et 20 avril derniers des dizaines de milliers de Kabyles ont manifesté, tant en Algérie que dans l'émigration,à l'appel du Mouvement pour l'Autodétermination de la Kabylie ( MAK ) pour commémorer les 36 ans du Printemps Berbère qui, en 1980 avait débouché sur une plus grande reconnaissance de la langue amazigh et de la culture berbère par un pouvoir militaire algérien "arabo-musulman". Des avancées payées au prix fort : les manifestations, grèves et occupations feront de mars à juin 1980, 126 morts, plus de 5000 blessés.

La mobilisation prenait cette année un relief particulier au vu de la situation intérieure de l'Algérie et du contexte international. L'agonie du président Bouteflika, l'état catastrophique de l'économie, l'anarchie dans la Libye voisine, la montée du salafisme qataro-saoudien dans toute la région constituent autant d'éléments propices aux désormais classiques entreprises de déstabilisation initiées par le camp impérialiste occidental. En ligne mire, la destruction d'un état indépendant et la main mise sur les importantes réserves pétrolières et gazières du pays.

La question kabyle se trouve au c½ur de la conflagration à venir. Au cours de la guerre d'indépendance, les kabyles prirent une part prépondérante au sein du FLN "de l'intérieur" comme dans la Fédération de France, tandis que les "arabo-musulmans" de Houari Boumédiène alliés à Ben Bella contrôlaient "l'Armée des frontières". La prise du pouvoir par Boumédiène en 1965 allait entrainer une marginalisation de la culture berbère dans les sphères étatiques et officielles.

Le MAK prône la sécession et l'instauration d'un état kabyle indépendant.Il a suscité un "gouvernement provisoire" en exil, basé à Paris. Le MAK est soutenu par un bloc atlantiste qui parallèlement actionne, via les monarchies wahhabites du Golfe, le fondamentalisme sunnite. La Kabylie est en outre depuis plusieurs années "travaillée" par des sectes évangéliques protestantes liées aux services américains. Au plan régional, la cause kabyle bénéficie de la sympathie intéressée du royaume du Maroc, l'Algérie soutenant le Front Polisario au Sahara occidental.

La manifestation organisée par le MAK à Paris ce 17 avril a reçu l'ostensible soutien de Bernard Henry Lévy, l'un des principaux agents d'influence néoconservateur en France, dont nul n'ignore le rôle dans l'agression occidentale contre la Libye.

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Les habituels intervenants extérieurs sont à l’½uvre pour un scénario de type libyen aux conséquences imprévisibles, tant sur place qu'en Europe. Des millions d'Algériens vivent dans l'hexagone. Chacun peut imaginer dans une France d'ores et déjà en voie de libanisation, l'impact d'une confrontation généralisée entre kabyles, arabes, nationalistes algériens et salafistes, à l'image du conflit turco-kurde désormais importé sur tout le continent européen, sans compter les inévitables "réfugiés" suscités par ce type de conflit et vis à vis desquels les peuples européens seraient sommés de ne pas oublier leur "devoir d'assistance". Le chaos généralisé sur les deux rives de la Méditerranée s'inscrivant dans des stratégies globales de domination planifiées bien loin des théâtres d'opérations.

Située au c½ur de ce maelstrom géopolitique, la Corse ne saurait échapper aux conséquences d'un effondrement de l'Algérie. Au cours de la précédente guerre civile ( 1990-2000 ) que subit ce pays, des réseaux de soutien au Groupe Islamique Armé s'activèrent dans le sud de l'ile tandis que des "réfugiés démocrates" étaient pris en charge par les officines immigrationnistes locales. La base aérienne de Sulinzara est aujourd'hui l'une des principales têtes de pont des opérations terroristes menées par l'OTAN ( Libye 2011, Serbie 1999) et le MAK est soutenu par le nationalisme corse institutionnel. Le Gouvernement Provisoire Kabyle ( Anavad ) a été reçu le 2 mars dernier au siège bruxellois de l'Alliance Libre Européenne, une structure atlantiste actuellement présidée par François Alfonsi, cadre du Partitu di a Nazione Corsa. Ce positionnement traduit les multiples contradictions entre le principe du "droit des peuples" et les logiques impérialistes globales qui souvent l'instrumentalisent.

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La question kabyle coagule toutes ces dimensions entremêlées et porteuses de bouleversements d'une ampleur insoupçonnée bien au-delà de son épicentre initial. Une réflexion politique approfondie guidée par une claire conscience des enjeux et éclairée par le précédent libyen s'impose à toutes les élites soucieuse d'un "bien commun" partagé de part et d'autre du Mare Nostrum.

A Squadra







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Publié en 2000 aux éditions Denoël, "Pour solde de tout compte" se présente sous la forme d'un entretien entre deux responsables nationalistes de l'époque, Jean-Michel Rossi et François Santoni, et Guy Benhamou, journaliste du quotidien mondialiste parisien "Libération", en charge du dossier corse. L'ouvrage traite essentiellement de la face sombre du nationalisme corse au cours de la pénible décennie reliant les premières scissions survenues au sein du mouvement indépendantiste (1989 ) aux débuts du "processus Matignon"( 1999-2000). Au-delà des faits relatés qui concernent une époque révolue, des enseignements quant à l'avenir du mouvement national peuvent être tirés de la lecture de cet ouvrage controversé. L'idée d'Indépendance, revendiquée par le FLNC à sa création, constituait un mythe mobilisateur permettant de "lier le faisceau" des énergies nationales au sein d'un peuple ataviquement claniste et fragmenté . Son abandon implicite puis assumé dès le début des années 80 au profit d'une "solution de la question corse" d'essence autonomiste allait précipiter la dépolitisation, l'éclatement et la dégénérescence des structures politiques nationalistes clandestines et publiques.