NAZIUNALE RADICALE SUCIALU !

Capraia è Maddalena sò nosci !

20-02-2016

Cette demi-boutade en guise de titre est là pour rappeler que le maritime est notre avenir. Elle est là pour rappeler qu'il faut aussi freiner de temps à autres les velléités de nos chers voisins et plus ou moins parents.

Un fait géopolitique d'importance concernant la Corse vient de se produire et trouve peu d'échos dans la presse si ce n'est en Italie. L’événement mérite pourtant d'être signalé car pour une fois nous en sommes les seuls véritables bénéficiaires.

Courant Janvier, un pécheur sarde s'est vu intimer l'ordre de quitter sa zone habituelle par nos gardes cotes car elle était devenue zone territoriale française. En vertu d'un accord secret comme nos deux États respectifs ont l'habitude de le faire sur notre dos, l'Italie vient de céder quelques 28 miles des eaux les plus poissonneuses "du Nord de la Sardaigne", en réalité face à Porto Vecchio. La tension monte chez nos voisins car, outre ce coup de Jarnac, par le passé la France a fait démanteler la forteresse de la Maddalena en 1947, depuis trop longtemps une épine dans le flanc. Puis, sans doute sous des prétextes écologiques et grâce à la conjoncture de la fin de la Guerre Froide, a vraisemblablement contribué à la fermeture de la base de sous-marins nucléaires américains de la même Maddalena après que l'un d'eux se soit lamentablement éventré au large de Porto Vecchio. Au regard de l'Histoire et en toute objectivité, il ne peut s'agir que de positions qui nous conviennent en tant que corses.

Un texte officiel italien en réponse à une question parlementaire du député sarde Mauro Pili de UNIDOS, nous apprend que l'accord secret de Caen qui est la cause de cet incident a été confirmé le 21 Mars 2015 après de longues négociations commencées en 2006 et terminées en 2012 pour répondre aux exigences de réglementation à la lumière des nouvelles normes de conventions des Nations Unies sur le droit maritime de 1982 (UNCLOS). Un premier accord intitulé "Organisation du trafic maritime du canal de Corse" a été signé par François Hollande et Mattéo Renzi, spécifiant que Italie et France ont convenu de la délimitation de leur propre eaux territoriales. Cet accord a été signé le 24/02/15. L'accord de Caen du 21/03/15 a été signé par les deux ministres des affaires étrangères de leurs pays respectifs, en particulier Laurent Fabius , si tatillon au cours de la crise en Crimée au sujet de l'intangibilité des frontières. (Depuis 1945, l'ordre international est fondé sur le principe d'intangibilité des frontières, renforcé dans le cadre des accords d'Helsinki (1975) et réaffirmé en 1991). Aux négociations sur la base des compétences respectives ont participé tous les ministères ayant une responsabilité en matière de pèche, transport et énergie et tous ont du formuler leurs propres évaluations du projet.

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Considérant sa nature, l'accord de Caen est soumis à la ratification parlementaire Italienne et, de fait, n'est pas encore en vigueur. D'où l'illégalité (la bévue?) de l'intervention des gardes-cotes français et le fait que les pécheurs sardes on pu revenir sur leur lieu de travail traditionnel sans en être empêchés. Pour ce qui regarde en particulier le contenu de l'accord, le tracé des limitations des eaux territoriales, il reflète les critères établis par UNCLOS, le principe de ligne médiane d'équidistance.

Nous pouvons comprendre le désarroi de corporations socioprofessionnelles sardes mais quand on observe la carte, il ne semble pas que ces mêmes pécheurs avaient jusqu’ici beaucoup de scrupules à venir pécher aux portes de Porto Vecchio.

 Les députés italiens ont apporté divers arguments juridiques sur lesquels il convient de se pencher mais qui sont dépassés par la réalité géopolitique ou même par l'histoire du droit international. Par dessus tout, il y a nuance entre droit et Justice. Or, à moins d'un accord de droit coutumier ancien, il n'est pas juste que les sardes viennent pécher à quelques encablure de nos cotes, bien loin de leurs ports d'attaches ... et si près de la réserve naturelle des Lavezzi. D'un autre coté, il est ironique qu'un accord ai été fait au sujet d'eaux territoriales françaises alors qu'il n'existe dans les archives de l'ONU aucune preuve juridique que la Corse appartienne à la France. Autrement dit, l'Italie reconnait un état de fait contre un état "de jure"; légitimité du Vatican qui a d'ailleurs théoriquement cessé elle aussi depuis 1920. A bien regarder cette carte, elle est pour une fois découpée logiquement. Malheureusement, les italiens ne l'entendent pas de cette oreille. Le point le plus intéressant à relever dans leur argumentation juridique concerne le projet de ZEE (Zone d'Exploitation Exclusive):

La délimitation des eaux territoriales entre Corse et Sardaigne fut statuée par la Convention de Paris signée entre la France et l'Italie le 28 novembre 1986 relativement à la délimitation des frontières maritimes de la zone des Bouches de Bonifacio. L'accord définit les limites des eaux territoriales entre la Sardaigne et la Corse sur une ligne médiane composée de six segments. Le nouvel accord reconnait un total avantage à la France le droit à une Zone Économique Exclusive .

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Outre l'aspect social, économique et juridique, ce sujet ouvre sur un autre débat, qui en réalité enflamme déjà les nationalistes italiens et devrai faire dresser les oreilles des corses. A la différence des territoires sur lesquels l'équilibre des forces peut s'établir, la mer pousse à l’hégémonie; elle ne se partage pas. L'Histoire maritime est une succession de monopoles.

La zone économique exclusive (ZEE), facteur de puissance.

JOSEPH LE GALL Capitaine de frégate (H), ancien officier de renseignement (DPSD) donne une vision plus neutre du droit maritime international mais surtout précise plus particulièrement le contenu du principe de ZEE:

"Largement d'origine coutumière, le droit de la mer s'est longtemps limité au principe de la liberté des mers : la mer et les océans sont ouverts à tous et n'appartiennent à personne, à l'exception d'une bande de 3 milles marins depuis le rivage où l'État côtier exerce une pleine souveraineté, correspondant à la portée du boulet de canon de l'époque.

La CNUDM, dite convention de Montego Bay, définit juridiquement d'une part les espaces maritimes et d'autre part les devoirs des États dans ces espaces, notamment en matière de navigation, d'exploitation des ressources économiques et de protection du milieu marin (Voir condensé de la CNUDM – onglet économie maritime). Avec la création de la zone économique exclusive (ZEE), large de 200 milles marins et incluant la mer territoriale (12 milles), tous les pays ayant une façade maritime se sont vus attribuer, revendiquent ou négocient un domaine maritime plus ou moins vaste et complexe. Pour un état côtier, la possession d'une ZEE est un facteur de puissance, car il y dispose de droits souverains sur l'exploitation de la pêche et des ressources du sol et du sous-sol des fonds marins (hydrocarbures, minerais, métaux...).

Chaque État côtier a par ailleurs la possibilité d'étendre les zones maritimes sous sa juridiction au-delà des limites de sa ZEE, c'est le concept du plateau continental qui recouvre les fonds marins et leur sous-sol, sur une distance maximale de 350 milles marins. En 2002, la France a mis en œuvre dans ce cadre, un programme national baptisé Extraplac (EXtension RAisonnée du PLAteau Continental) piloté par le Secrétariat Général de la Mer, destiné à définir les revendications françaises d'extension du plateau continental, en métropole et outre-mer, au-delà des 200 milles marins. L'Ifremer en assure la maîtrise scientifique et technique avec le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine, l'IFP Énergies nouvelles (ancien Institut Français du Pétrole – IFP) et l'Institut Polaire Paul Emile-Victor.

Les espaces maritimes français se placent au deuxième rang mondial par leur superficie de 11 035 000 km2 (États-Unis : 11 351 000 km2). Au total, la France a des frontières maritimes avec trente pays. Elle revendique une zone entre 700 000 et 1 000 000 de km² dans le golfe de Gascogne, le plateau guyanais et autour de la nouvelle Calédonie, de Clipperton et de sa zone antarctique (île de Kerguelen, Amsterdam et Crozet). A titre d'exemple, la ZEE offerte par l'île de Clipperton, lui offre un espace maritime équivalent à 80% de la totalité de son territoire terrestre ainsi qu'une zone particulièrement riche en ressources thonidées et en nodules polymétalliques.

Les enjeux économiques et politiques qui découlent de la possession de ces espaces maritimes suscitent régulièrement des revendications territoriales. Celles-ci relèvent parfois d'une volonté d'expansionnisme régional, qui peut se traduire par des restrictions unilatérales de droits de navigation et de pêche."


Les faits établis et induits

Comme le témoignent les italiens, la Zone d'Exclusion Économique serait crée au profit de la France dans ce cadre, à condition que ce texte, découvert accidentellement, soit ratifié par la chambre à Rome. Nous avons les faits, nous en voyons les conséquences à l'échelle géopolitique régionale. Réfléchissons maintenant sur la cause ou du moins sur ses conséquences. Visiblement, il ne s'agit que d'une mise en conformité juridique et c'est sous cette présentation que l'accord de Caen sera ratifié par les députés italiens. C'est d'ailleurs la seule raison apparente car étant la seconde puissance maritime mondiale, la France n'a pas besoin de créer un risque de tension avec un pays déjà en crise. Il y a peu de chances que cette zone recèle du pétrole exploitable mais en soupçonner l'existence explique la close concernant la ZEE. Cet accord avantage principalement les pécheurs corses. En effet, à l'Ouest, la mer est trop profonde pour pouvoir être exploitée et la bande Est est très restreinte. Vu qu'ils sont une poignée de pécheurs professionnels dans la zone, soit l’État veut encourager des vocations dans quelques années, soit "Caen" n'est pas fait pour eux. Cet accord pourrait avoir une cause politique. En tout les cas, il aura une conséquence géopolitique.

Malgré les apparences et les rodomontades médiatiques, il existe différents signes qui évoquent depuis quelques mois une émancipation nationale de la Corse avec l'accord du gouvernement français actuel. En effet, la régionalisation sera étendue à l'ensemble de l'Europe en 2020 et il serait fort étonnant que nous ne servions pas de cobayes comme nous en avons l'habitude. Dans ce cadre, soit "Caen" est un acte volontaire et calculé dont l'objectif est de nous assurer une meilleur autarcie halieutique soit, si c'est involontaire, l'effet sera le même en cas d'accession à la souveraineté nationale.

Le sujet n'est pas sans évoquer l'organisation des frontières africaines au moment de la décolonisation. Et ce n'est pas sans évoquer non plus ses conséquences... Poussons le vice intellectuel plus loin et imaginons que la France envisage de nous laisser quelques conflits territoriaux en héritage. Dans ce cas elle nous sous-estime! En effet, depuis toujours, Capraïa e Maddalena sont corses et nous ont étés ravis furtivement alors que nous avions plus fort à faire au cours de l'Histoire. Depuis toujours, le quart de la Sardaigne est d'origine corse, parle corse et c'est justement dans cette région que nous devrons construire une base industrielle pour éviter de devoir faire appel à l'immigration pour assurer notre développement selon le modèle économique classique. Comme nous avons besoin de relier cette base à la principale voie maritime internationale qui vas de Gibraltar à Suez par le port en eaux profondes de Cagliari... Non, décidément, ce ne sont pas ces quelques miles marins qui nous poseront problèmes. Pour l'instant, rien n'est signé. Bien qu'au dernières nouvelles, il semble exclu que les États français et italiens reviennent sur cet accord, on peut aussi supposer que cette ZEE qui pose contentieux soit uniquement un chiffon rouge pour l'opinion publique italienne et qu'après sa réaction, la France face semblant de faire une concession en en retirant sa close. De cette façon, les limites maritimes auront tout de même évolués en notre faveur et la tension retombera. Toutefois, nous auront retenus la leçon pour l'avenir... Il est préférable d'attendre patiemment l'évolution des choses et d'envisager un accord corporatif entre marins corses et galluresi afin que ces derniers puissent continuer à travailler à condition qu'ils livrent leur pèche dans les ports corses les plus proches. Une solution est en tout les cas à envisager dans ce sens car tout le monde y gagnerait. Le prétexte d'un accord maritime entre nos deux peuples par dessus la tête des États est déjà une ré-acquisition de puissance et de souveraineté. "Caen" est la confirmation historique, la consécration d'une vocation géopolitique; Le retour à l'ordre naturel, traditionnel et cyclique. L'ordre des Peuples de la Mer.

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Tous les Corses doivent lire de dernier essai d'Eric ZEMMOUR intitulé "Le suicide français". Les indépendantistes y trouveront matière à conforter leurs convictions et les autres...de quoi rejoindre le camp de l'Indépendance.[...]Zemmour dresse le bilan de la dernière phase du déclin de la France qu'il fait remonter aux années 1968-1970. Et le chroniqueur de frapper au coeur : "Loi Rothschild" obligeant l'Etat à emprunter sur les marchés financiers, générant la "dette" et plaçant la sphère politique sous la domination du monde de la finance, remplacement de population par l'immigration de masse, fruit de la complicité liant patronat et "gauche morale", action corrosive des lobbys et réseaux communautaires au coeur du pouvoir etc... Mais l'objet principal du livre est de mettre en évidence l'idéologie "déconstructrice" visant à détruire les fondements naturels de la société française ( famille, traditions, religion, patriotisme ) pour les remplacer par une pensée unique venue tout droit des Etats-Unis.Le politiquement correct, l'antiracisme, le féminisme, le droit d'lhommisme et toutes leurs métastases ont éradiqué en quelques décennies ce qu'il restait du corps social français, le tout s'accompagnant de la mise sous tutelle géopolitique et militaire de la France par l'axe atlantiste.