NAZIUNALE RADICALE SUCIALU !

Lecture : Avanzà ! La Corse que nous voulons

12-01-2017


Le dernier ouvrage de Ghjuvana Guidu Talamoni intitulé "Avanzà" constitue, pour les non-inités, une introduction à la revendication corse contemporaine, relatée dans ses grandes lignes, ses étapes marquantes ( guerres mondiales et leurs conséquences, évènements d'Aleria , lutte armée etc ..) et ses perspectives d'avenir. "Avanzà" est également un exposé de ce qui peut définir une philosophie politique corse, originale car émanant d'un peuple "issu du fond des âges", et par cette originalité même, susceptible d'inspirer d'autres peuples ou nations, de par les dimensions à la fois profondément humaines, naturelles et spirituelles de cette philosophie politique. Ainsi est démontrée la filiation, jusqu'alors largement niée, entre le paolisme et l’½uvre napoléonienne, la doctrine politique corse influençant positivement dans une certaine mesure et jusqu'à nos jours, la politique française. Napoléon s'inspirera des préceptes paolistes  basés sur une "laïcité tranquille" pour traiter les questions religieuses en France ( concordat, question juive ..)  et tenter de corriger les dérives totalitaires et éradicatrices de la Révolution Française, dérives en réalité inhérentes à la nature même de cette révolution. De par sa nature organique, la société corse ne peut se reconnaitre dans ce clivage gauche-droite qui structure la vie politique hexagonale. Elle refuse l'hégémonie des concepts artificiels sur la vie réelle, concepts masquant aujourd'hui des logiques de domination très éloignées des "valeurs" proclamées.

Ghjuvan' Guidu Talamoni réhabilite courageusement le premier riacquistu, celui couvrant la fin du XIXe siècle jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce premier riacquistu, sans lequel notre peuple serait sorti de l'Histoire, fut largement relégué, voire simplement nié, du fait de son orientation générale traditionaliste, réactionnaire, bien peu en phase avec les dogmes du politiquement correct actuel. Talamoni prend toutefois soin de ne pas aller jusqu'au bout de la logique réhabilitatrice, s'en tenant à l'aspect linguistique.

L'auteur développe enfin son analyse de la période contemporaine et dresse un bilan de quatre décennies de lutte nationaliste en Corse. Il inscrit la victoire électorale de la coalition nationaliste lors des dernières territoriales dans une perspective historique et dans une dimension psychologique libératrice. Le peuple Corse s'affirme comme sujet politique.

Le ton général de l'ouvrage est -sans doute volontairement  l'auteur voulant forcer le destin- exagérément optimiste, au détriment parfois d'une claire perception de la réalité. Ainsi, la langue corse serait le vecteur d'intégration privilégié de populations allogènes destinées à partager avec le peuple corse historique un destin commun. Mais Ghjuvan'Guidu Talamoni reconnait dans le même temps la quasi-mort clinique de cette langue et en appelle au volontarisme politique. La langue serait donc au c½ur d'une identité dépourvue de caractère ethnique, et par conséquent, le nationalisme corse serait exempt "d'ethnicisme". Mr Talamoni s'inspire  du modèle sociétal "inter-culturaliste" en vigueur au Québec dans lequel le socle culturel indigène s'impose aux minorités moyennant quelques accommodements raisonnables. Sauf qu'au Québec comme en Corse les dynamiques démographiques - donc ethniques- condamnent à court terme ce modèle comme elles ont suscité l'échec des référendums pour l'indépendance de la province canadienne.

Le président de l'Assemblée de Corse escompte enfin des relations apaisées avec une République Française dont l'action serait guidée par la raison et la sagesse. Or la République Française est un régime fondamentalement subversif, engagé dans un processus de radicalisation et d'effondrement. Le régime de Paris ne produit plus d'hommes d’État, il fabrique en série des robots téléguidés par des centres de pouvoir et des logiques fondamentalement antagonistes aux aspirations des peuples et au Bien Commun. Dans ce contexte, l'aspiration à la souveraineté et à l'Indépendance revendiquée par Mr Talamoni ( qui ne représente actuellement qu'environ 10% de l'électorat ) ne saurait se placer sous d'autres signes que ceux de la Sécession et de la Rupture, c'est à dire de ce populisme tant honni par l'auteur.

Une des qualités unanimement reconnues à Mr Talamoni est sa sincérité absolue et l'absence de cette pénible hypertrophie de l'égo qui caractérise nombre de "personnalité de premier plan" de la vie politique insulaire. Quelques éléments biographiques sont tout de même présentés, sans ostentation.

"Avanzà !" ouvre des pistes de réflexions originales à partir d'un héritage politique séculaire, préservé de la "table rase" révolutionnaire, d'essence marxiste, qui condamne la France à l'échec et à la Mort. "La Corse que nous voulons" c'est bien cette "négation de la négation" régénératrice d'une Nation appelée à renaitre. Avanzemu !

Avanzà ! La Corse que nous voulons éditions Flammarion 2016

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Depuis deux siècles, Rousseau n’a cessé d’être convoqué au tribunal de l’histoire, non seulement par la droite contre-révolutionnaire qui lui reproche d’avoir « engendré la Révolution », et par les libéraux, qui en font le grand ancêtre du totalitarisme moderne, mais par à peu près tous les courants de pensée, où rousseauistes et anti-rousseauistes n’ont jamais cessé de s’affronter. Mais l’avaient-ils seulement lu ? Rousseau a été dénoncé tour à tour comme un démocrate, un antidémocrate, un aristocrate, un conservateur, un anarchiste, etc.