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Lecture : la Patrie des Droits de l'Homme

10-04-2016

Dans cet ouvrage, Gilles Guyot et Philippe Chiaverini examinent les différences entre les constitutions américaines et françaises, issues toutes deux d'une même matrice idéologique, celle du culte des "Droits de l'Homme". Ceux-ci sont élevés au rang de religion révélée, universelle et par conséquent sacralisée par leur volonté proclamatrice. Rien de tel dans la constitution de la Corse indépendante de 1755 qui, comme le souligne les auteurs, "n'a pas éprouvé le besoin de dresser une liste solennelle des droits de l'homme d'abord pour un motif théologique car ils sont convaincus que Vérité et Justice découlent directement de Dieu". La Corse souveraine s'inscrit dans le courant réaliste, celui de l'acceptation d'un ordre des choses émanant de principes supra-humains dont la société des hommes doit s'inspirer.

La constitution américaine est également marquée par ce réalisme, prenant les hommes tels qu'ils sont et visant à leur apporter une protection individuelle et collective. Ratifiés en 1791, les dix amendements du "bill of rights" sont toujours officiellement en vigueur même si les forces totalitaires contrôlant l’État fédéral tendent, de manière ouverte ou subreptice, de les remettre en cause. Sont particulièrement visés les deux premiers amendements portant sur la liberté d'expression ( par le politiquement correct ) et le droit de détenir et de porter les armes, garantie ultime de la liberté face au despotisme. Le respect de ces principes relève - en principe - de la Cour Suprême dont les jugements s'imposent au législateur étatique ou fédéral.

Les successives constitutions républicaines françaises se distinguent elles par leur radicalisme idéologique. " l'Homme" y est conçu comme une entité abstraite, extérieure aux déterminismes naturels, coupée de toute transcendance, et la Déclaration de Droits de l'Homme et du Citoyen, création conceptuelle humaine liée au contexte d'émergence du pouvoir de la bourgeoisie, pensée comme un catéchisme à vocation universelle, suprématiste, intemporelle, " intouchable comme l'est le Coran pour les musulmans sunnites " (p.15 ).

Ces différences de conceptions ( théistes et naturelles aux USA, athéistes et conceptuelles en France) ont fait que les deux prétendants au titre de "Patrie des Droits de l'homme" ont suivi des chemins relativement divergents jusqu'à l'alignement in fine de la France sur les USA par la mise en place depuis 1958 d'instruments de contrôle de l'action de l’État ( Conseil Constitutionnel, Conseil d’État ). Instruments tout théoriques au vu de l'évolution totalitaire et soviétique tant de l'état français, de l'Union Européenne que des États-Unis, chacune de ces entités centralisées vivant désormais sous le règne de l'Hypocrisie, c'est à dire la distorsion entre les principes affichés et la réalité appliquée ( Patriot Act aux USA, lois "mémorielles" en France ) .

La réflexion qu'inspire la lecture de ce petit ouvrage de qualité, documenté et référencé est que les diverses constitutions ou législations dérivant du culte des "droits de l'Homme" sont en réalité de caractère contingent malgré leur prétention. Elles sont l'apanage de la modernité et résultent de rapports de forces idéologiques, sociaux et sociétaux d'une époque donnée sur un territoire et au sein de peuples définis.L'hypocrisie n'étant pas par son essence même destinée à durer indéfiniment, la post-modernité naissante suscite, y compris en matière constitutionnelle et juridique, deux alternatives : une post-humanité androïde "libérée" de tout déterminisme, obéissant aux stimuli de la "gouvernance globale" sous couvert de "droits de l'Homme" , ou bien le recours à des conceptions et un droit inspirés à la fois de la nature et de la sur-nature, garantissant la survie d'une humanité réelle, diverse et différenciée.

Cette seconde orientation sera celle de la Corse émancipée à construire : Un Paolisme futuriste appelé à "étonner le monde".


A SQUADRA

The Homeland of Human Rights ( la Patrie des droits de l'Homme ) Gilles Guyot, Philippe Chiaverini , Presses universitaires de Corse, éditions Anima Corsa 2015


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Juriste, avocat et talentueux écrivain insulaire , Philippe Chiaverini nous incite, dans le roman "Dictature molle", à une réflexion sur les ressorts de la chape de plomb étouffant la vie intellectuelle et l'être profond des sociétés ouest-européennes "évoluées", mais qui, comme de juste, commence à se lézarder sous le propre poids de ses contradictions. La "raison d'état" se révéla dans l'Histoire comme l'un des fondements de l'édification de sociétés d'Ordre et d'Harmonie, tournées vers la transcendance et le dépassement de la dimension "humaine trop humaine" et en réalité, tendant vers l'infra-humain, qui régit le monde occidental actuel. Les préoccupations qui inspirent les organes politico-administratifs dans lesquels se meuvent les protagonistes de Dictature molle, se révèlent cependant d’une nature bien différente de celle qui sous-tendait l’action de leurs prédécesseurs ante-révolutionnaires. C’est l’expérience qu’en fait, de manière plus ou moins consciente, Georges Roseau, jeune cadre administratif qui commence une carrière de bureaucrate comme chef de pôle à la sous-préfecture de Brive-la-Gaillarde. Empli de l’importance de ses fonctions qu’il considère comme essentielles à l’accomplissement du Service public, auquel il voue un culte, il se fait le relais empressé des conceptions d’une hiérarchie qui juge que le libre-arbitre est une notion trop aléatoire pour se dispenser de mettre la population sous une tutelle, forcément bienveillante, qui pénètre les détails les plus anodins de l’existence.